Dans l'état actuel des connaissances généalogiques sur notre famille, je peux affirmer que du coté maternel, la branche Guimonneau / Uhlenhuth remonte jusqu'à la famille de Jeanne d'Arc, c'est-à-dire au XVe siècle. C'est cette branche qui fait l'objet de ce message qui est précédée d'un petit rappel sur les branches paternelle et maternelle.

Henri_NeumannLes ancêtres Neumann sont implantés en Alsace dans un petit village, Imbsheim, près de Saverne. Au début du XVIIIe siècle le village est frappé par une épidémie de peste provoquant une très forte mortalité. Plus de tonnelier, panique chez les viticulteurs ! Vers 1730 Andréas arrive à Imbsheim pour y exercer ce métier si recherché, tonnelier. Il épouse Anna-Maria Sand et de cette union sont nés quatre enfants, dont Jean. Les générations qui suivent restent à Imbsheim, travaillent en usine, puis la terre jusqu'au début du XIXe siècle. Michel né en 1839 " monte " à Paris pour ses vingt ans et y exerce le métier de boulanger. Il épouse Anne-Marie Weber à la mairie du 18e arrondissement le 30 octobre 1862. Ils  habitent au 5 de la rue des Trois Frères. Leur fils, Henri-Ernest, mon grand père (photo ci-contre) est comptable, il épouse Léontine Dupont en 1898 à Clichy-la-Garenne et ont quatre enfants, René (papa), Geneviève, Robert et Denise.

Les ancêtres Guimonneau sont implantés dès le début du XVIe siècle dansHenri_Guimonneau des villages de l'actuelle Sarthe, Saint Germain du Val, Saint Jean de la Motte ..., où ils travaillent la terre comme journalier, bordager, closier ou cultivateur. Au XVIIIe siècle Louis Guimonneau est sabotier à Saint Jean de la Motte, son fils Louis suit le même chemin et devient maître sabotier, toujours dans le même village. En 1839, Adolphe-Louis, fils de Louis né à Saint Germain du Val (La Flèche) sera conducteur des Ponts et Chaussées. De son premier mariage avec Rosalie Gabrielle Uhlenhuth est né notre grand père, Louis-Henri (photo ci-contre) qui sera architecte au Raincy. Il épouse Caroline Élisabeth Labadie, ma grand-mère, ont deux filles Yvonne, ma tante et Simonne, maman. Juliette Uhlenhuth, notre cousine, remet à maman une petite sacoche en cuir renfermant un trésor : les preuves de notre illustre descendance avec la famille de Jeanne d'Arc ! Au décès de maman j'ai hérité de ce " Uhlenhuth d'Arc Code ", je l'ai déchiffré, complété, en voici une première synthèse.

couronnement_de_Charles_VIILes lettres patentes de Charles VII
En raison des services insignes rendus par Jeanne d'Arc au royaume de France et pour le sacre du roi Charles VII, ce dernier, par lettre patentes données à Mehun-sur-Yèvre en décembre 1429, l'anoblissait ainsi que toute sa famille. Faire partie de l'illustre famille permet de jouir des mêmes avantages, libertés et autres droits que les nobles d'origine, acquérir la chevalerie, être exempté du droit de franc-fief et autres finances ... Deux familles vont tout mettre en œuvre pour affirmer leurs liens de parenté avec la famille de Jeanne d'Arc : les Le Fournier en Normandie et les Hordal en Lorraine.

Certains membres de la famille Le Fournier ont joué un rôle important au XVIe siècle. En 1550 Robert Le Fournier, baron de Tournebu et son neveu, Lucas du Chemin obtiennent d'Henri II des lettres patentes confirmant pour la première fois celles de Charles VII. Ils sont déclarés de la lignée de la Pucelle, donc reconnus nobles.
Vers la fin du XVIe siècle, Charles du Lys, haut magistrat, avocat-général près la Cour des aides de Paris se disant, de bonne foi, arrière-arrière petit-fils de Pierre du Lys, frère de Jeanne, fit des recherches pour établir la généalogie de l'illustre famille.

En 1596, Jean Hordal, professeur à l'université de Pont-à-Mousson, obtient également des lettres patentes reconnaissant sa noblesse. Il adresse plusieurs correspondances à Charles du Lys pour le convaincre de l'authenticité de sa filiation et pour que ce dernier fasse figurer la branche Hordal dans sa généalogie. L'insistance et les pressions de Hordal fera plier Charles du Lys qui intègrera Halouys Hordal dans sa généalogie. Il est certain que la généalogie de Charles du Lys n'est pas d'une parfaite exactitude, lui-même ayant dû la modifier à plusieurs reprises.

Dans sa dernière version, établie en 1612, il nous dit que des trois frères de Jeanne, deux firent souche :
Jean qui laisse trois enfants : Jean, Etienne et Marguerite qui épouse Antoine du Brunet, Pierre qui, de son mariage avec Jeanne de Prouville a quatre enfants : Jean l'aîné, Jean le jeune, échevin d'Arras, bisaïeul de Charles du Lys et deux filles, Halouys qui apporta la noblesse à la famille lorraine des Hordal et Catherine, dont la fille, Marie de Villebresme donna le même avantage à la famille des Le Fournier.


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Cette généalogie a subit de nombreuses modifications et comporte des erreurs. Rappelons que la préoccupation majeure, de ceux qui à cette époque prétendaient descendre de l'un ou l'autre des frères de Jeanne d'Arc, était de bénéficier de l'exemption fiscale attachée à la condition noble. Cette généalogie servira pendant deux siècles, de base à de nombreuses revendications. Voici représenté ci-dessous un second tableau corrigé de certaines erreurs. Une certitude, Pierre du Lys, frère de Jeanne, s'est marié avec Jeanne Baudot et non Jeanne de Prouville comme le prétend Charles du Lys. De cette union est né Jean, sans postérité. Ses sœurs, Catherine (l'ainée), Jeanne et Catherine (la jeune) qui figurent en pointillés ci-dessous, sont peut-être issues d'un second mariage de Pierre ou s'agit t-il, plus probablement d'enfants de Jacquemin ?

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Du nouveau sur la famille de Jeanne d'Arc

La preuve " formelle " qui manque c'est un érudit orléanais qui va la découvrir près de trois siècles plus tard.
Nous sommes en 1878, Boucher de Molandon va reconsidérer la descendance de Pierre du Lys. En effet un document précise qu'en 1501, lorsque décède Jean du Lys, fils de Pierre,ses sœurs (ou leurs descendants) se seraient portés héritiers. Or que se passe t-il ? Le procureur au bailliage d'Orléans déclare la succession en déshérence, faute d'héritiers connus. Marguerite du Brunet, fille de Jean du Lys, l'autre frère de la Pucelle, se dit être la plus proche parente et revendique la succession. Elle lui sera accordée suite à la sentence du prévôt d'Orléans le 3 octobre 1501. Les généalogistes d'Henri II comme Charles du Lys n'auraient pas eu connaissance de ce document?

Il semble que le lien des Le Fournier et Hordal avec Pierre du Lys ne soit pas possible. L'hypothèse la plus probable et retenue par certains généalogistes et évoquée par Boucher de Molandon et que je retiens à ce jour, est que la branche Le Fournier est issue de Jacquemin, frère de Jean, Pierre et Jeanne. Jacquemin a probablement eu deux enfants de son mariage avec Catherine Corviset, Jeanne et Pierre ou Pierrelot. Hypothèse : ce dernier, Pierre, épouse Jeanne de Prouville, trois ou quatre enfants voient le jour dont Catherine qui à son tour épouse François de Villebresme. Hypothèse, à vérifier faute de preuve formelle !

 

De Marie de Villebresme à Louis Henri Guimonneau

Une chose est certaine, notre branche maternelle trouve ses origines autour de Saint-Lô et se rattache à Jacques Le Fournier, grenetier du grenier à sel de Châteaudun et receveur des tailles en cette élection, puis après son mariage de l'élection de Caen. Sa fortune est considérable puisqu'en 1520 il achète la baronnie de Tournebu, devenant ainsi l'un des personnage les plus importants de la province de Normandie. Jeanne, sa fille, dernière du nom, épouse Lucas du Chemin, seigneur du Féron (la famille du Chemin figure en bonne place dans le nobiliaire d'Hozier). De cette union quatre enfants voient le jour dont l'aîné, Lucas II, sgr du Féron qui prend pour épouse Ysabeau Regnault. Ils ont deux enfants dont Jean du Chemin qui, à son tour, épouse Marthe Le Mazurier. Luc III, sgr du Féron, naît en 1610, épouse Françoise de Saint-Martin le 14  juillet 1630. Ils ont trois enfants, Robert, Nicolas-Luc et François. Ce dernier, François du Chemin, " escuier, sieur de la Tour, conseiller du Roy, lieutenant général, civil et criminel au bailliage de Saint-Lô, maire et colonel perpétuel de ladite ville. Armoiries porte de gueules, à un lion d'hermines " est ainsi nommé dans l'Armorial Général de France. De son mariage avec Marie-Anne Pellé il a quatre enfant dont Marie-Anne qui épouse Jacques Planchard. Ces derniers ont une fille, Marie Denise Planchard du Chemin qui épouse, vers 1800, Jean Egide Uhlenhuth, né à Rottenburg en Allemagne. Il est le premier Uhlenhuth à venir s'installer en France, à Strasbourg comme banquier puis maître de requêtes à Paris. Ils ont deux enfants Jules Egide (1800) et Rosalie (1803), nés tous deux à Paris. Jules Egide, Chef de division aux chemins de fer de Bordeaux épouse Rosalie Juliette Berthemet. Cinq enfants sont nés dont Rosalie Gabrielle. Il décède à Paris en 1862. Le 22 février 1868 Rosalie Gabrielle épouse notre arrière-grand-père Adolphe-Louis Guimonneau, né à Saint-Germain-du-Val près de La Flèche. Il exerce la profession de conducteur des Ponts et Chaussées. Le couple divorce après 20 ans de mariage et avoir donné naissance en 1869 à Louis Henri, notre grand-père.